Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
I comme

Articles récents

Firmament

21 Juin 2017 , Rédigé par T.B. Publié dans #Poèmes

Et la nuit héla nos solitudes
sous mille étoiles, ta vie de rêve,
tes palaces, tes limousines,
que veux-tu que j'en foute ?

Les vieux sages aux voix de miel
parlaient des très grandes et anciennes folies
des ancêtres adorant à genoux
Ces beautés surhumaines

Les romantiques les plus doux
composaient des odes à rendre jaloux
les loups qui ne savent qu'hurler
et les chouettes qu'hululer

Moi des ces pédants, je n'avais cure
abîmé dans mes pensées sans fond
je méditais sur la couleur le la lune
le seul argent qui ait de la valeur

Je n'étais pas fier de cette maxime
j'aurais préféré que mon âme soit
une vase profond un plâtre frais
un silence propice à acceuillir
cette ineffa(ça)ble beauté.

 

 

Lire la suite

En roue libre

25 Mai 2017 , Rédigé par T.B. Publié dans #Poèmes

 

Perdu parmi les éléments
pas de minotaure dans mon labyrinthe
mon sens de l'orientation
fait défaut fait le mort
la rose des vents
a foutu le camp
les points cardinaux ont perdu le nord
rappelle-moi ; est-ce la nuit qu'on dort ?...
les chasseurs ont paumé leurs baleines
et les pêcheurs leurs lignes
et moi dans tout ça, je fais quoi ?
le pas de côté est cher payé
l'erreur n'enseigne plus
l'avenir sera une bévue
la droite se croit à gauche
la gauche se prend des droites
l'ancien s'est déguisé en progrès
la révolution elle-même
conserve les anciennes habitudes
l'émoussé clame à la ronde
que jamais on ne fut plus aiguisé
l'auditeur en est tout chaviré
il perd la boule et la boussole
l'aiguille n'est plus aimantée
les étoiles abandonnent leurs positions
le cap est incertain
les fléchages aux abonnés absents
les panneaux portés disparus
dis-moi ; quelle marée les a emportés ?
les ruminants cherchent leurs pâtures
même les vieux ne se souviennent plus
les villes sont tout à la fois au nord au sud
à l'est à l'ouest
les mongolfières pour descendre lâchent leur lest
les routes se tortillent et refusent
de mener à destination
cette année on baissera les salaires pour lutter contre l'inflation
les boulevards se rétractent et
renient jusqu'à leur nom
explique-moi ; quel est le chemin le plus court
entre deux points ? La contradiction
les pigeons voyageurs ont perdu leur latin
les messagers se gourent
sonnent chez des quidams
les adresses renseignent des lieux fantaisistes
à l'intérieur des courriers-mêmes
les lettres ont perdu patience
et se sont mélangées...
le grand dérèglement du sens a commencé
les livres se vendent avec de l'alcool à brûler
depuis que le signifiant a fait la nique
au signifié
divorce tardivement consommé
les mots orphelins affichent leur désarroi
sur le visage des lecteurs
rassure-moi ; est-ce normal si j'ai peur ?
dans les musées, les visiteurs tournent en rond
certaines salles restent désespérément vides...
les impressionnistes désertés
jalousent leurs voisins romantiques
et insultent leurs ancêtres
à moins que ce ne soient leur disciples ?...
les gardiens ont perdu leurs chaises
errent de par les salles sans toucher les murs
eux aussi ont été peints, après tout
certains colportent de folles rumeurs
dans les ailes les plus reculées
Le Carravage ferait la cour à Frida Kahlo
la Sainte Vierge lasse de prier
se serait dévergondée
la Pudeur aurait troussé ses jupes
la Pondération danserait avec Bacchus
réponds-moi ; quand pour la dernière fois
as-tu aperçu la Certitude ?
à l'hôpital, les grands brûlés
sont traités au service gériatrique
les tétaniques alimentent le scanner
des médecins désoeuvrés s'auscultent eux-mêmes
les patients n'arrivent plus
les ambulances sont en roue libre
le parking des urgences a été transformé
en centre commercial
il y a des promotions pour les blessés
 

Lire la suite

Généalogies

24 Mai 2017 , Rédigé par T.B. Publié dans #Poèmes

 

Mes aïeux sont nés sous de grands nuages noirs de charbon
C'est la mine puis la métallurgie qui les a installés entre hauts-fourneaux et terrils
La maison à deux pas de l'usine
C'est la mort qui les a fauchés bien avant ma naissance
Silicose, cancer, épuisement ?

Je passe à la ligne mais cela n'a rien de poétique. Aujourd'hui je suis d'humeur à pisser sur le vers comme d'autres chiens que moi sur les réverbères. J'ai mis une chanson de Ferré pour accompagner mes doigts sur le clavier, c'est un texte de Caussimon, ça s'appelle Ne chantez pas la mort. C'est très beau. Bien plus que ce que j'écris. Ma fleur est fânée ? n'en crois rien, elle renaît à l'envi. Je ne suis pas encore mur pour brouter le pissenlit par la racine. L'envers du décor, c'est tentant. On baise plus souvent en coulisses que sur scène, paraît-il. En tout cas moi je fais ici bas ceinture, quelqu'un (qui?) a modifié mon code génétique, désormais le microscope y lit ce mot : "résignation".

Et pourtant il y a cette colère immense qui pulse en moi à chaque pleine lune.

Les canines me poussent et j'écris. Un poème tombe, comme une tête. Une vocifération aphone. Un coup d'épée dans l'eau, oui. Dieu que l'onde est belle. Trémolo de surface. Vibration délicate, j'en ai l'oeil ravi. Et alors, tremblant d'une émotion dont je ne connais le nom, mes menottes se délient et sur le piano droit de mon ordinateur, je prends de l'altitude et j'entonne le chant

Quel chant ?

Et bien cette symphonie interrompue dont je reprends la composition à chaque gribouillage.

Elle est mon seul ouvrage, elle me tient lieu de dignité.

Il n'y a pas de quoi être fier ?

le manège tourne l'herbe
jaunit l'argile la tourbe
la calèche s'embourbe
le cheval               hennit

Non, il n'y a pas de quoi être fier, ce ne sont que des vers, que l'on porte par devant, ou par devers soi comme une écharpe contre le mauvais mistral du temps.

Bon allez, c'est pas tout ça, il faut que je file. L'heure a tourné, comme le lait, il faut que je me jette dehors, de par les rues de la capitale pour gagner ma croûte ou quêter mon loisir, comme il vous plaira de choisir.
 

Lire la suite

MEURTRES (XIII)

13 Mai 2017 , Rédigé par T.B. Publié dans #Poèmes, #Meurtres

 

Les eurocrates dans leurs tours d'acier
Et de verre ; aux entrées, sans ciller
Les serviles vigiles, les bons policiers
Veillent, gardent, défendent le régime princier,
L'ordre, dressés à mordre au signal du huchet
   Bras armés du cerveau financier

Lire la suite

MEURTRES (XII)

12 Mai 2017 , Rédigé par T.B. Publié dans #Poèmes, #Meurtres

 

Votre omniprésent discours m'exaspère,
Vous aussi serez inexorablement exter-
Minés, le spectacle est terminé, j'espère
Que vous saurez savourer ma dextér-
Rité en matière de torture sur chevalet,
      Messieurs les soi-disant experts

Lire la suite

MEURTRES (XI)

11 Mai 2017 , Rédigé par T.B. Publié dans #Poèmes, #Meurtres

 

Garde-à-vous, littéralement, général
Si vos soldats dressés au combat létal
Vous offraient une cinquième étoile
En plein milieu du front, radical
Comme promotion, on étête net
  Tout ce qui dépasse le grade de caporal

Lire la suite

MEURTRES (X)

11 Mai 2017 , Rédigé par T.B. Publié dans #Poèmes, #Meurtres

 

La guerre a été lancée par les actionnaires
Le tertiaire génère des trentenaires
Dépressifs, lessivés, à bout de nerfs
Qui lisent leur avenir en binaire
J'appelle à la défense légitime, au respect
    du droit à l'insurrection révolutionnaire

 

Lire la suite

MEURTRES (IX)

11 Mai 2017 , Rédigé par T.B. Publié dans #Poèmes, #Meurtres

 

Mon roi, ma loi, majesté, monseigneur
J'ai le vocabulaire trop étroit et trop peu de coeur
Les mots me manquent, mes mots manquent d'ardeur
Pour produire un hommage à votre hauteur
Heureusement, j'ai un pistolet
    pour tirer la salve d'honneur

Lire la suite

MEURTRES (VIII)

11 Mai 2017 , Rédigé par T.B. Publié dans #Poèmes, #Meurtres

On va t'en mettre un paquet sur la touche
Nobles, monarques, bourgeois, saintes-nitouches
T'inquiète on a les mousquets et assez de cartouches
On va tous les débusquer, on fera mouche
Le peintre de cour se retrouvera sans sujet
      et son chef d'oeuvre, avec quelques retouches
    

Lire la suite

MEURTRES (VII)

11 Mai 2017 , Rédigé par T.B. Publié dans #Poèmes, #Meurtres

 

Surveille bien ta montre Mr le dirlo
C'est l'heure qui sonne pour les prolos
Marre du dernier rôle d'ultime falot
Avec les potes, on a préparé les palots
On enfouira dans la tourbière ton civet,
    ton cerveau, ta mémoire et tes polos
 

Lire la suite
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>