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I comme

périple justice (1) LAPIDAIRES

22 Décembre 2013 , Rédigé par T.B. Publié dans #Périple Justice

  • Je

Je suis entré en poésie par hasard ou par derrière.
Elle est le moyen que j’ai choisi de réduire le schisme séparant le monde dont je rêve de celui que j’ai sous les yeux.

  • Le monde dont je rêve

La justice est tant une conception humaine qu’il serait vain de vouloir élargir ses sentences à l’amplitude du règne vivant. En revanche, il est indispensable de l’étendre à celle du monde humain.

Et si nous étions citoyens d’un état qui ne s’est pas encore déclaré ?
qui inscrirait ces grands mots : Liberté Egalité Fraternité
dans le cœur des hommes bien plus que sur le fronton de ses bâtiments officiels
qui s’efforcerait de réaliser un idéal bien plus qu’un bé
néfice

Utopie, prends ma main.

  • Le monde sous mes yeux

Je jette mes yeux en contrebas :
je vois éclore
les cabinets d’avocats.

Je vois éclore le béton plus souvent que le ciel, les fleurs qui poussent bien sagement dans leurs bacs et la foule qui circule : ces gens que je ne connaitrai jamais.
Je les vois qui font la fête, qui se saoulent, qui rient, s’amusent et dansent.
Pourquoi donc leur joie de vivre me fait-elle mal sous la peau ?

Pourquoi donc ne puis-je arriver à oublier que des enfants meurent de faim quand mon chat est bien nourri ? On m’a pourtant longuement expliqué les causes, les logiques, et plutôt deux fois qu’une, mais pour une quelconque raison, je ne parviens pas à l’accepter.
Je ne peux pas me pardonner de vivre si confortablement. Suis-je donc coupable ?

Je ressens l’opulence comme un cuisant outrage pour l’occident.
Je ne puis m’empêcher d’accuser la société dans laquelle je vis au nom même des valeurs qu’elle brandit.

A bien considérer la question, on devinera qu’il nous faudrait plutôt une société bien pensée que bien pansée ou pansue.
Penses-tu pas ?

  • Pamphlet

Quand la culture se fabrique à la chaîne

Quand il n’y a plus d’idées mais seulement des faits divers, du spectacle

Quand on pense par slogans

Quand aux infos, les records sportifs côtoient les frasques de la jet set et l’Atroce sous toutes ses coutures

Quand le programme d’un homme politique se résume à la couleur de sa cravate

Quand la stratégie du bouc-émissaire dirige les foules

Quand les multinationales s’achètent des sièges au parlement

Quand l’égalité de certains repose sur l’exploitation des trois-quarts de l’humanité

Quand l’économie joue au grand manitou

Quand le nihilisme se relèvera de son sommeil, quelques-uns de nos meilleurs insomniaques lui adresseront un salut militaire

  • Révolte

Assez de ce nihilisme infibulé dans nos chairs !

Il faut l’abattre, car c’est lui qui permet qu’on échange des lingots contre le cadavre d’un enfant, contre la soumission d’un homme, contre un écosystème, contre le corps d’une femme.
Tout n’est pas indifférent !

Les humains, placés sous le couperet capricieux de la mort, conscients de l’immense fragilité de leur vitalité et de leur inanité, sentent, au fond d’eux-mêmes, que tout n’est pas indifférent. Que tout n’est pas relatif, que la liberté n’est pas infinie. Que la mort ne justifie rien, n’annule pas tout.

  • La mort

La mort n’annule rien, elle ne fait qu’archiver.

Une petite fille

Son papa

- Papi, il est mort ?

- Mais non chérie, il est à l’hôpital.

- C’est qui alors qui est mort Papa ?

- Beaucoup de gens tu sais, beaucoup…

La mort est indissociable de l’homme. Plus grand dénominateur commun, elle engendre la fraternité. Elle rend la vie précieuse, inestimable. Mort : ciment de l’humanité.

  • Races

L’humanité est une et indivisible, sinon en autant d’individus. Tout autre classement est péremptoire, y compris celui selon le sexe ; celui selon la prétendue race est un mensonge.

Fe
} mmes
Ho

Nous sommes des imbéciles qui nous enfermons tout seuls en inventant des différences de papier pour découper le genre humain. Pour tailler le bout de gras, pour nous tirer dans le lard. Pourtant la seule race que l'on peut définir avec certitude, la seule qui repose sur un critère objectif, est celle des cons.

Ceux-là seront génocidés grâce aux armes de l’intellect.

  • Rencontre

Les hommes empruntent des sentiers divergents qui parfois concourent un instant ou plusieurs mois. Il est légitime de douter qu'ils sachent où ils vont, mais il leur est donné une bien curieuse liberté : celle de pouvoir choisir ceux avec qui ils marchent, ou du moins certains d'entre eux. Qui pourrait définir les critères de ces choix ? Qui sait où naissent et comment se développent l'affection, l'intérêt, la fascination, l'amour ? Quelles lois les régissent et même s'il en est ?

Nous nous sommes retrouvés, là, plutôt qu’ailleurs
Voyageurs venus de trains différents, sur le même quai
Ne parlant que la même langue,
Que pouvait-on esp
érer ?

Toute relation humaine est un espoir qui court à sa banqueroute : "amitié" est un mot souvent dit avec trop de légèreté.

  • Sagesse

Être droit. Réfléchir avant d’agir. Agir d’après réflexion. Jamais de génuflexion.
Mettre les gens face à leur connerie quand il y a lieu. Leur envoyer le monde comme un coup de poing dans l’estomac. Dégonfler leurs gonflettes.
Renverser la vapeur. Inverser les rôles, sortir de ses gonds. Aller voir ailleurs si le bonheur n’y est pas. Si la justice n’y est pas. Et après ne les avoir pas trouvés, se forger une loi pour être libre et le rester. L’humilité sinon rien. Battre les friches afin de construire des intelligences. Il faudra forcément tout désapprendre, retrouver un début qui marchera à sa fin.
Désapprendre n’est pas rebrousser chemin.

  • Promesse

autant de promesses que de fleurs sauvages

Le passé n'est que trop connu ; l'avenir est une promesse : l’enfance est devant !
L’enfance est le temps évanoui où la parole était plus forte que la réalité. L’enfant dit : « Je suis un pompier » et le voici effectivement pompier.

Une fois grandi, l’homme rationnalise sa réalité et s’emprisonne dans la dialectique du possible/impossible.
Quelle est donc cette désillusion qui nous fauche dans la fleur de l’âge ?

  • La jeunesse

La jeunesse amoureuse assise les soirs d’été sur les toits du monde
Le cœur ivre, le poumon gonflé d’espoir s’enla
ce
Et puis… s’en lasse

La jeunesse se lasse de tout. Même de sa propre révolte, lentement désherbée par l’habitude. Voir l’injustice rend insomniaque, mais on finira toujours par s’endormir…

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