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I comme

Du cèdre au serdar : opération à coeur ouvert

12 Octobre 2014 , Rédigé par T.B. Publié dans #Poèmes

 

Pour la première fois j'ai trouvé mon torse ouvert - mon cœur palpitait en son centre tel un joyau oublié dans le lisier sans aucune vitrine de musée pour asseoir son prestige -

 

Qu'étais-je censé faire ? Que voulez-vous que je fisse ?

 

Je ne pus, comme chaque fois qu'il faut pénétrer le mystère, que poser les questions (qui s'im-posaient à moi).

Suis-je l'amour ou l'histoire ?

Suis-je le glaive et la plaie ?

Serais-je Montjoie et la débandade ?

 

Pour éviter d'avoir à répondre, je troquai la vision de mon coeur pour les cristaux de la vérité cathodique.

 

Je vois nos estimables politiciens, ornés de professionnalisme, qui, aux grands jeux télévisuels, jouent leur partition, jouent leur partie et, je vous le demande, qui en sont les pions ?

Et les dés ?

Je ne veux pas jouer leur jeu, il ne m'intéresse guère.

Toujours est-il que je me fais déplacer contre mon gré par des forces qui me dépassent, je ne suis qu'une infimie fraction de moi. La société comme ma jeunesse sont actionnaire du restant.

Et quels actionnaires !

La majorité l'emporte, quelque fois.

 

L'écran est comme un livre, on ne peut y lire que soi. Voici ce que j'ai lu :

 

Les miasmes dans la chair de ma lettre, de mon esprit. Le littoral défiguré n'est pas une question d'esprit littéral ou figuré. Le littoral défiguré est la lithographie très précise de mon état mental : la vague érode C'est le temps c'est l'usure du jour ; le sable mouille comme un bateau au port et d'aucuns y impriment leur pas en grands caractères Les miens immédiatement s'effacent je n'ai pas l'ombre d'une empreinte ; l'arrière pays s'élève par-delà l'horizon et on n'en peut rien supputer de ces quelques touffes maigrelettes De ces fourrés épineux qui figent la dune on ne tire aucune information sur les terres ou l'absence de terres qui y succèdent géographiquement Bref l'inconnu ; et ce littoral est défiguré Les crabes l'évitent les mouettes le conchient les touristes ont bien eu raison de s'en aller je ne les aimais pas de toute manière Défiguré oui la vague a rongé ses traits et les a dissous dans ces jeux de reflux Le paysage n'en a pas pour autant acquis la grandeur féroce des falaises battues par vents et marées non Ce serait plutôt une morne crique où reposent à même la plage les algues parées de divers déchets vomis par les appendices innomables de l'océan.

 

Je suis né au cèdre comme Osiris y est mort. Le serdar est la royauté et j'y suis mort comme Osiris y est né : je ne m'appartiens pas si je ne puis me dresser contre les plaies de la chair ni contre les plaies de l'âme. Baiser une main n'a jamais guéri un chagrin, je le crains. Et que puis-je sinon baiser, vu l'état de mes mots ?

L'alcool est dans maint cas un allié plus sûr qu'eux.

Ce qui vit en moi m'échappe : chaque instant m'en confirme le triste constat.

 

Que puis-je dès lors sinon ouvrir toutes les portes ?

 

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