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I comme

Poéticomaton 15/10/2014 - 21h57

15 Octobre 2014 , Rédigé par T.B. Publié dans #Poèmes, #Poéticomaton

les lave-linge qui tournent dans ma tête

les pneus qui crissent sur le macadam d'mes neurones

dans les tribunes il y a ceux qui ont tout

et ceux qui n'ont rien

les mélanges ne se font que dans ma tête

et ceux qui n'ont presque rien s'y accrochent

naufragés sans océan mais avec un radeau

ce n'est pas ce semestre-ci qui rendra à la basse-cour son coq

les mouvements populaires sont comme les mouvements d'horloge ; à minuit, ils tournent la page

le jour est venu faire son numéro de cirque et puis s'en va

une main qui lui fait signe, oui, pourquoi pas

un regard en arrière vaut peut-être mieux que pas de regard du tout

j'ai vu

les chiens faméliques avec en orbite autour d'eux le satellite dérisoire de leur subsistance

là où dégringole une pièce de monnaie comme un météore

le nuage de poussière ne fait pas qu'aveugler il fait disparaître aussi

j'ai vu

les hères pliés les hêtres abattus les halles pillées les corps pilés

le pilori de l'alcool le procès de la consommation et les juges :

ils ne regardent même pas les chiens

j'ai vu

des remparts immenses où pleurent le savoir et la science

où la licence a retourné sa veste

toute génération est un palimpseste

j'ai vu

tomber les feuilles des arbres et les feuilles

de chou recouvrir tous les trottoirs

on réfléchit comme on mâche

j'ai vu

l'imposture se jeter du haut d'un pont

et une foule

tendre les bras pour amortir sa chute

je n'ai pas vu

l'enfant que j'étais se remettre à marcher

j'ai vu des gens en colère qui ne savait pas comment ni contre qui crier

je n'ai pas vu un nuage accoucher du soleil

j'ai vu la pluie ruisseler jusque dans des cerveaux

je n'ai pas vu la misère se lever et faire sa valise

j'ai vu des être mis à terre par des fouets invisibles

et par des matraques qui refusent encore de dire leur nom

et ce que je n'ai pas vu, je l'aurai entendu

pourtant, je ne voulais rien voir

des lave-linge tournaient dans ma tête

chaque jour ou un jour par mois, je trouve la force de retirer une prise

mes vêtements n'en sont pas plus sales

ils ne sentent plus la fragrance industrielle

je m'en fous je n'ai jamais eu un très bon odorat

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Charp 01/11/2014 10:36

J'aime ce ton-là. Il y a de beaux éclairs sous la bile