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I comme

Du neuf avec du vieux

19 Novembre 2014 , Rédigé par T.B. Publié dans #Poèmes

Pensées datées de 2012 :

 

 

L’homme au pull estampillé assis à l’avant de la guimbarde dans laquelle je grimpe chaque matin,

Je ne le saluerai pas

 

Mes congénères, épars et seuls, cherchant le calme de l’indifférence plutôt que la chaleur de la promiscuité, à leurs côtés,

Je ne m’assoirai pas

 

De ceux groupés par paires par un passé commun, évoquant leurs tracas, leurs conversations,

Je ne les écouterai pas

 

Le livre pioché dans l’ordre de ma bibliothèque et ouvert sur mes genoux fléchis, préférant laisser errer mon regard et mes pensées à leur guise,

Je ne le lirai pas

 

La chenille processionnaire, hissée à force d’ondulations au sommet d’une tige, prophétesse de printemps,

Je ne la verrai pas

 

Le lever du soleil, masqué par les tours de béton et les détours du bus,

Je ne le contemplerai pas

 

Sorti de la roulotte métallique, arrivé à l’école, prisonnier de ma brume intérieure, toutes ces heures face aux professeurs, à côté de mes camarades,

Je ne m’y intéresserai pas

 

Le soir venu, dans l’ennui de ma chambre, face à une feuille aride, reviendra inlassable la conviction que le poème dont ce siècle a besoin,

Je ne l’écrirai pas

 

 

 

Les convulsions de mon âme, nées des circonvolutions de mon cerveau sont trahies par les frissons de mon corps. Je tremble comme la feuille du poète dans l’ouragan, je vois la silhouette de ma mort grandir chaque jour et que pourtant toujours rien ne semble justifier que j’aie vécu.

Alors mon esprit, noble peut-être, blessé par ma médiocrité s’emballe, court comme un fou, et connecte mes nerfs à la source immense de son angoisse.

 

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