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I comme

Poéticomaton 24/11/2014 à 17h10

24 Novembre 2014 , Rédigé par T.B. Publié dans #Poéticomaton, #Poèmes

Peut-être vous souvenez de ce temps
les argousiers étaient verts sous les grandes arguties de la nue et je crois ou je me souviens avec la pertinence d'une météore que les choucas me criaient déjà dans le cerveau : on te ment on te ment ce n'est pas vrai

cela avait la véracité du porc fraîchement égorgé, celui dont le cri vous reste dans l'oreille comme une fiente sur le capot - non ce temps n'était pas meilleur c'est moi qui étais plus insensible je n'y voyais goutte des lentilles déformantes devant mes yeux, alors vierges de cernes, et jusque dans mon assiette

la musique ne m'était d'aucun secours elle se répétait en lamentables soties dont certains revendiquaient fièrement la paternité en s'affublant du nom ridicule d'artiste cette usurpation qui courait jusqu'aux dentitions figées dans l'éternité de l'or - le rap comme le rock m'étaient alors des étrangers je me complaisais dans la bouse radiophonique comme un porc dans sa fange (j'ai une porcine obsession)

les flutes étaient droites parce qu'on ne pouvait imaginer de traversière en classe, il fallait marcher au pas dans la direction tracée pour soi ne jamais dévier car tout crime qu'il soit scolaire ou sexuel se paie pareillement : les tribunaux des professeurs ne diffèrent que peu ou prou de ceux de la matraque

que me reste-t-il de ce temps ô merdique temps dont je ne dois d'avoir pu jouir qu'à feu ma cécité
ne refuse pas l'obole des anciennes religions on te préviendra quand le prélat aura brûlé toute sa graisse et que le rachitisme sera la nouvelle foi Bouddha peut-être au grain de riz par jour expliquera les détours de la grande impermanence et tu comprendras que tu es voué à chuter non pas comme Adam mais comme un enfant le paradis n'est pas à conquérir outre-ciel il viendra te manger dans la main si seulement tu acceptes les diktats de la drogue et du renoncement - je ne veux pas de ce paradis-là je refuse la paix

qu'encore je voie même si mes yeux en brûlent de rage l'outrecuidance de la douleur va jusqu'à exploser mes capillaires oculaires

c'est pour cette raison que j'ai l’œil gauche tout rouge parfois (souvent en fait)

Hé laïc,

il ne faut rien croire de ce que je te dis

continue à bêler

L'Ordre viendra te chercher le temps venu

S'assurer que tu es bien rangé

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