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I comme

Courant alternatif

6 Avril 2015 , Rédigé par T.B. Publié dans #Poèmes

Pourquoi donc ai-je attendu si longtemps avant de poster ceci ? L'avais-je oublié ?! --------------

 

 

 

Tantôt - je me réserve encore un peu de répit - je franchirai le pas de cette porte. Cette porte bien anodine pour quiconque, mais si lourde de symboles pour moi. Avec sa poignée de cuivre et le lacis de son bois que je reconnaîtrais entre mille.

 

La nuit close aux mille étoiles chaque fois comme une promesse.

Tête relevée, tu t’enfuis… Des étoiles plein les yeux, tu es de nouveau prêt à briller.

Paillettes de promesses se baladent dans ton regard, tu transperces.

 

Toi, la porte, tu transperces mon existence de part en part, si bien que j’ai l’impression que toute ma vie n’a été que de me tenir devant une porte close et de ne jamais oser l’ouvrir. Quelque fois, j’ai voulu frapper, mais le silence fut toujours la seule réponse.

 

Tout s’embrase. La réponse est signe d’un pacte avec le diable.

Des cieux, tu t’effondres, mais ta chute ne connait pas de fin.

 

Mais la fin approche ! Tout à l’heure, je prendrai mon courage à deux mains, j’empoignerai la clinche, et j’ouvrirai, oui je l’ouvrirai, cette putain de porte !

 

« Porte-toi bien », une telle réponse ne pouvait être que teintée de cynisme.

Ta dernière arme, tes souvenirs.

Une arme à double tranchant

 

Tranchant le fil de ma vie de routine, de ma vie cloitrée, tranchant ce quotidien qui m’étouffe, qui me suffoque, qui m’épuise et me tarit, je pousserai cette porte, je poserai cet acte comme la première pierre d’un édifice nouveau.

 

A nouveau, la mélancolie prend place. Qui sait ?

Le printemps reviendra peut-être…

En attendant, des milliers de feuilles de toutes les couleurs, de tous les formats s’accumulent…

Jusqu’à occulter toute lumière. Jusqu’à ne plus pouvoir respirer. Asphyxie.

 

Asphyxie de combien d’années, il est temps de respirer un autre air, et voilà que je refais défiler une énième fois dans ma tête la longue procession de tous mes arguments, comme pour confirmer une fois de plus ce choix. Je ne doute pas de prendre la bonne décision, mais pourtant, je cherche constamment une possible faille dans mon raisonnement.

 

Tout type de raisonnement devient vain.

Tu t’enlises dans un bourbier de pensées, dans un bourbier d’espérance.

La lisière du jour n’est pourtant pas loin.

 

Loin de moi l’idée de faillir à la tâche que je me suis assignée. Je la franchirai cette porte, et je ne permets à personne d’en douter. Personne, vous m’entendez ?

 

Entendez-vous le murmure de la forêt ?

Apercevez-vous une nuée d’hirondelles éventrant les nuages ?

Goûtez-vous cette saveur sucrée de miel et de soleil ?

 

Soleil, je veux te voir. J’ai trop vécu dans l’ombre. J’accepte tes coups, même les plus rudes, ceux qu’on nomme insolations. J’accepte d’être aveuglé, j’accepte tout pourvu que je puisse ressentir la chaleur du monde.

 

Le monde se rouvre à toi.

Il est temps, tu le sais, de goûter enfin au printemps de ta vie.

 

Vie, la vie, je vais éclore à la vie, enfin ! Et je vois ma main trembler au contact de la poignée de cuivre. Une profonde angoisse me prend aux tripes alors que je vois ma main tourner lentement, j’entends le déclic de la serrure qui s’ouvre et un fin rai de lumière s’invite dans le corridor.

 

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Capitaine Charp 13/04/2015 23:35

Belle danse autour d'une poignée. Petite inquiétude: si la vraie porte était à l'intérieur, que tu la perdes de vue en ouvrant l'autre?