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I comme

Metz bien nécessaire ?

13 Avril 2015 , Rédigé par T.B. Publié dans #Poèmes

 

les ongles de la souvenance viennent m'éplucher : moi, six jours outre-frontière en Metz-la-dorée.
L'adorée ? Non point.

 

pierre rouge pierre jaune surtout et puis Pierre et le Loup aussi, un soir attablés à nos solitudes plus ou moins entamées, le poteau PierAl et moi.

on avait battu le pavé de la ville, faut avouer, et ce faisant on a échangé des mots pas toujours très roses qui sentaient le renfermé de nos communicabilités autrement malhabiles du quotidien

Oh! mais ri aussi, bien sûr, surtout quand l'un ou l'autre larron local se joignait à nous ; avons asséché du godet et réchauffé nos tripailles malmenées de la vida loca des jours d'habitude

oui ri, bon bien sûr moi tu sais j'suis pas l'expansif en personne, je visite souvent le pote silence sauf quand les sirènes du politique ou de l'artistique m'en réveillent ; poussé la chanson aussi, aime ça moi, la chanson ! paroles ridicules et à tue-tête ! Çà te remue l'intérieur ça.

Rencontré un type épatant, l'Eugène, espère que j'aurai encore l'occasion de jacter avec lui : je le connaissais qu'en bouquin le type, livré tout emballé, chaque mot bien mesuré, parfois un plus haut que l'autre bien entendu, faut pas croire, mais toujours au loin : depuis les confins d'sa voix de papier. J'aurais voulu qu'on parle boutique, je veux dire poésie, à cœurs déliés mais l'ambiance s'y prêtait pas. Alors.

Y a eu l'aut' Jéjé aussi, le repenti du drapeau noir avec sa Doctrine sociale sous l'bras. Faudra que je mette la main sur ce pavé, il pourrait bien me ravaler l'intérieur, ou y briser quelque murs de verre ou miroirs d'ignorance. Je ne préjugeais pas des croyants mais trop souvent sottes étaient les postures de ceux que j'ai connus avec cette sorte de complaisance démissionnaire des bien-assis. Genre ceux qui ont déjà réservé leur billet pour l'express du paradis et s'en foutent pas mal que des gosses jouent tout près des voies !
Lui, l'a mal son cul - analogie bien entendu - et ça me le rend bien sympatique, fraternel quasi, moi qui suis de la race des culs entre deux chaises, des trépignants d'être assis depuis trop longtemps aussi.

Les autres, sympas, tous, mais on respire pas le même air. Le P-A et moi, on doit avoir choppé une saloperie aux poumons, la pollution du monde ambiant, on y suffoque.

Ah, Metz la p'tite blonde, celle qu'on parcourt en un couple d'heures et puis qu'on se case toute entière dans le pinceau de la rétine assis un poil plus haut que Scy-Haut.
La ville aux vingt clochers où on a le vin facile et la promenade verte - Metz avec ses tours de rempart qui voudraient bien nous en jouer un, je crois qu'elle est jalouse, qu'elle voudrait bien nous empêcher de partir.
Metz comme partout itou avec sa foule de magasins et ses heures de shopping, avec sa bière trop chère hors happy hours, avec ses feux - rouges évidemment - et ses McDo's et sa guirlande d'alcooliques.
Metz la morte qu'est comme un désert la nuit, la lunatique plutôt, où y a que les lumières qui osent rester dehors après deux heures du mat'. Quelles lumières ? Celle des étoiles pardi ! Et puis celles qui logent aux lampadaires et encore celles qui dansent aux lucarnes de la porte des Allemands.
Qui dansent et dansent, attendant peut-être, oui peut-être bien qu'elles attendent que la grande Allemagne revienne les chercher.

 

 

 

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Charpico 13/04/2015 23:38

Ah le vin de Metz, qui se boit à la burette. Metz bien raisonnable?