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I comme

Souvenir souvenir

12 Mai 2015 , Rédigé par T.B. Publié dans #Poèmes

Sur mon éditeur de textes, le pavé formait un cube parfait.

 

 

Ton nez palmoie sur ton derme de sable où éclosent trois calices exotiques noués d’émotions diverses et qui se closent de joie quand j’y passe mes doigts de fée. Si ceux-ci sont froids, je verrai la base de ton nez froncer comme du papier, les muscles sous-jacents de tes sourcils saillir et me raconter la belle histoire de la complicité. Tes lèvres fines parfois perlent d’un mammifère timide et puis se rejoignent bivalvement sur la défensive ; je plonge alors aux abysses de ton cou pour respirer ma jeunesse. Je t’y volerai un peu de chair pour exposer dans un musée secret. Une fouille systématique de l’hémicycle capillaire démasque une oreille dans le prolongement logique de la corniche de ton maxillaire, où me siphonnerai labyrinthiquement aux tam-tams de la mer. Après une lente balade hypnotique, balayant chaque mèche, j’en retourne à l’obus nacré de ton visage. Les papillons de tes sourcils de s’envoler encore poursuivis par ton rire et ta gorge tremblée serrée dans ma main qui prend le pouls de la vie. Ma main volage qui disperse tous ses doutes géographiques avec la délicatesse d’un aveugle : passe tremblant mon pouce jokari sur tes lèvres d’une commissure à l’autre. Là, redécouvrir que l’ivresse est ronde et douce comme une joue, comme l’intimité d’une conque, et plonger dans la jungle en contrehaut. D’une flexion de ma nuque, je viendrai cueillir la pulpe d’écume labiale, accomplissant une liturgie de tout temps. Alors, inexplicablement, mes yeux rouverts se soumettront au magnétisme de ton regard, où je lis mes poèmes, et je serai perdu pour la science.

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