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One-oh-three

6 Août 2016 , Rédigé par T.B. Publié dans #One-oh

La guerre entre entités politiques est un moyen impropre à résoudre les problèmes qui l'ont causée.

J'étais parti à la pêche ce matin et au bord du livre, j'ai capturé cette idée. Une très ancienne idée et pourtant quel printemps pour les guerres : les balles fleurissent partout! Enfin partout... ce sont toujours les mêmes terres d'élection et ce sont toujours les mêmes qui fournissent le quota de cadavres nécessaire à la subsistance desdites entités politiques dans leur structure. Ça flingue à l'Orient, ça flingue à l'Occident. La guerre semble être de pareille substance que ce damné soleil qui ne cesse de se lever sur la terre. La guerre, astre des peuples. Et puis tombe aussi. Ou charnier, c'est vrai qu'il y a des nuances du cercueil rapatrié en grande pompe à la fosse commune.

Peut-être nos si brillants dirigeants devrait-ils y songer plus massivement en ces temps de chômage, la guerre se fait pourvoyeuse d'emplois, à durée déterminé certes. Déterminée par les projectiles de la partie adverse bien souvent, quoique l'incurie des officiers n'est pas à négliger et les conditions d'existence des poilus parfois fort propices à une petite épidémie. En cela les guerres modernes n'ont que fort peu à envier à leur ainée troyenne où une petite peste divine avait moissonné des bataillons entiers. Au point qu'Agamemnon dut se résoudre à consulter quelqu'oracle, vous imaginez...

La fameuse paix européenne qui dure depuis soixante ans passés semble très illusoire. Non pas pas parce que l'avenir s'assombrit mais parce que ces soixante années ne furent ni lumineuses ni pacifiées. Cette légende permet, à très bon compte, de balayer du champ de vision les décennies de luttes national(ist)es ou révolutionnaires menées par des groupes dissidents (Brigades Rouges, Action Directe, IRA, ETA, mouvement corses, etc.), le bombardement de civils dans les Balkans et toutes les ingérences extra-européennes depuis l'Algérie jusqu'aux antipodes. Fameuse paix que celle-là, les marchands d'armes rêvent de telles paix! La pax otana. A faire pâlir de jalousie les plus expansionnistes des antiques Romains.

Et puis la paix sociale, parlons-en. Les ratonnades, les dizaines de militants algériens massacrés par la police à Paris en 1961 et tous ceux qui ont cané dans les commissariats depuis, les morts dans les manifestations, la désindustrialisation et ses conséquences funestes ainsi que l'industrialisation qui a précédé et qui a sans doute droit au palmarès de la production des pires conditions de travail/vie pour les ouvriers. On s'étonnera et me trouvera excessif : les choses se sont améliorées après guerre. Euh ouais, je n'y étais pas mais permettez-moi d'en douter. Le plein emploi c'est chouette, surtout pour les patrons.

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