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I comme

La chanson du mal-aimé

3 Septembre 2013 , Rédigé par T.B. Publié dans #Poèmes

 

quelle est cette gueule qui se dandine au piédestal de mon cou… ?
qui m’insupporte
qui s’affiche
que je ne peux pas déchirer

qui me nuit        -              CE VISAGE QUE CHAQUE MIROIR ME JETTE AUX YEUX
ah, les enfoirés !
que je ne peux pas briser

je déteste ma gueule

et alors ? je ne suis pas le seul ? on s’en fout ?!

sans doute. sans doute avez-vous raison. mais moi j’ai peur.

PEUR

 

quelles sont ces erreurs qui se reproduisent tout le temps ?
prisonnier du même schéma - chai pa

que je connais par cœur

meeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee
eeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee
eeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee
eeèèèrde

 

Rendez-moi mon insouciance !

Et l’innocence, surtout                                                         et davantage encore si possible

je paierai les ardoises, je peindrai les factures, je lècherai les culs
je n’ai jamais fait que ça de toute manière

ma gueule

au rasoir

à la dynamite

aux autopompes

 

je pleure – je ris – j’ignore – je divague – j’oublie de me cogner la tête au mur

je n’arrive même pas à en pleurer !

 

la musique, l’écriture me sauvent parfois

mais

j’en ai ras-le-cul d’être sauvé

j’aspire à guérir

à guérir

 

et l’antidote est en soi

ou dans l’amour d’une femme

mais peut-on s’y fier ?

(à l’amour)

 

cette rondelle de calamar mal frit qui me fait office de tête

 

je suis mal en gueule, comme d’autres en jambes

 

ce phimosis engloutissant ma pensée : obsédée, obnubilée, tournant-en-rond-depuis-dix-ans-déjà

cette calotte cette gueule qui avale

qui avale

qui condamne

qui fait que je n’ose pas être moi-même que j’ai peur constamment d’être ridicule que je ne peux pas être heureux car elle se rappelle toujours à mon bon souvenir qui me met mal à l’aise qui se plait à me jouer de vilains tour qui m’inhibe qui me séquestre !

 

cette rondelle de calamar mal frit qui me sert de tête – que quelque pêcheur errant la harponne pour orner sa salade, son plat de poisson ou que m’importe, je voudrais juste ne pas finir en surgelé…

 

chronique comme une faute que l’on ne se pardonnera pas

inéluctable comme la mort

déprimante comme personne

méphitique  comme

comme rien

 

je suis mal en gueule, comme d’autres en point

 

quelle est cette gueule qui se dandine au piédestal de mon cou… ?
n’y aura-t-il que l’histoire pour l’effacer ?

 

je ne veux pas d’archéologue

je ne veux pas de consolation

encore moins de « tu es beau », même sincères

lâchez-moi la barbichette

elle fait de son mieux pour masquer l’inaccepté

ma gueule me viole chaque jour comme le soleil la nu-

 -  Ta gueule…

 -  Oui, quoi encore ? J’ai oublié quelque chose peut-être…

 -  Ta gueule putain !

 -  Quoi ma gueule ?

 -  Mais ferme-là bordel !

 -  Ah…

    oui

    peut-être.

 

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