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Articles avec #periple justice tag

périple justice (5) Ô vieille Europe

8 Janvier 2014 , Rédigé par T.B. Publié dans #Poèmes, #Périple Justice

 

 

Vous vous battez contre des fantômes, vieille Europe

Ceux de votre passé, vieille chouette

Minerve hante encore vos rêves de gloire politique

Derrière ses armes d’airain dorment les horreurs des musées : guerre, peste, torture, massacre, fourberie, emprisonnement, démagogie et tout le tremblement

Pauvre vieille Europe toute mouillée de larmes en forme de fleuves

Prisonnière de filets tissés de devoirs de mémoire

De vos mythes en papier mâché et remâché et remâché sans fin

Vous vous complaisez dans votre nostalgie, vieille grand-mère, feignant de ne pas voir que votre histoire ne produit plus rien

Laisserez-vous l’histoire aux autres ? Ce n’est pas dans vos habitudes

You fight against ghosts, old wretch

Sinistre Europe vieille sorcière

Rabâchant sans cesse ces mêmes guerres

Commémorant sempiternellement les victoires d'hier

Quel nouveau héros viendra vous délivrer des vos chimères ?

 

U vecht tegen spoken, oude leeuw

En quelle langue faut-il vous le dire ?

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périple justice (4) Amore, amore

27 Décembre 2013 , Rédigé par T.B. Publié dans #Périple Justice, #Poèmes

périple justice (4)   Amore, amore
périple justice (4)   Amore, amore
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périple justice (3) Personae non grata

24 Décembre 2013 , Rédigé par T.B. Publié dans #Poèmes, #Périple Justice

 

 

I

Je suis le pain et le miel, la clef de voûte, l'architecture de la charpente et la semelle de tes chaussures ;
je suis la vie, le vin et la gueule de bois, la tête qui brûle, le désir qui rôde, l'envie inassouvie et qui sait, insatiable ?
je suis le manque à gagner, l'histoire drôle qui manque son effet, la crise de nerfs et le bras qui écarte les antidépresseurs ;
je suis le silex sur la pyrite et l'étincelle qui cherche son foyer de brindilles, le résistant qui se cherche une lutte et la mèche qui arrive à son terme ;
je suis la pelote de laine qui joue avec le chat, je suis la honte et le rire, celui qui secoue, je suis le paradis et parfois l'enfer ; je suis celui qu'on n'attendait pas, qu'on a oublié d'attendre.

 

 

II

Vous avez voulu arracher le Masque de la Mort
Vous avez pris la violence symbolique et les atours de la guerre
Vous avez des bombes dans les yeux et l'atome facile
Vous avez la pelle du fossoyeur et aucune pitié
Vous avez la rhétorique des commerçants et aucune excuse
Vous avez le ton autoritaire et l'air arrogant
Vous avez à tort et par la raison l'usage de la faux et la danse macabre
Vous avez des billets dans les veines et le sang en piètre estime

Vous n'aurez jamais la poésie

 

 

III

Nous serons des cahiers ouverts où resplendissent des astres de poésie
nous sommes le nœud du problème

Nous aurons la clef des chants
nous avons des métaphores à revendre offrir

Nous aurons l'enthousiasme en sourires et le courage en poignées de mains
nous sommes la pointe de la plume

Nous serons la pente, la pierre et l'accident de parcours
nous sommes la jeunesse comme vous ne l'aviez plus vue depuis cinquante ans

Nous serons le sel, la larme et le piment
nous avons les cordes vocales bien accrochées

Nous serons combattifs jusqu'à la mort - la vôtre
nous aspirons à aimer

Nous prolongerons les succès, nous dépasserons les chevaux au galop !
Nous aurons l'audace de parler !
Nous serons des cahiers ensoleillés d'astres de poésie !

 

 

IV

Si vos bras se munissent de faux, je serai la fleur des champs

Si vous me coupez les ailes, j'apprendrai à courir

Si vous exigez le respect, je serai insolent

Si votre idéal est le profit encore et toujours, je serai forcé à l'ascèse

Si vous sacralisez la propriété privée, j'apprendrai aux fers barbelés à se défiler

Si vous interdisez les manifestations, j'apprendrai aux chevaux de frise à ruer

Si vous déclarez la guerre ou la mobilisation, j'aurai l'objecteur de conscience

Si vous pratiquez la torture, je serai la douleur

Si vous ne jurez que par le confort cinq étoiles, je préfère la chaleur humaine

Si vous pratiquez la vivisection, je serai ce lapin qui s'échappera de sa cage

Si vous monétisez jusqu'aux sentiments, je vous répondrai par la gratuité

Si vous détournez des fonds, sachez que je ne détournerai jamais d’avions

mais si vous utilisez les langages de vos pouvoirs, j’en détournerai les slogans :

Si vis pacem, para bole
"  If you want peace, prepare for Ouarzazate
"  Si tu vœux l'appet, pré pare l'agger.

 

 

 

V

En nous l'amour mille soleils fleuriront

et nos bras seront forts
et nos yeux portés aux loins
et nos ingénues flexions seront libres
et nos servitudes, nous les aurons choisies
et notre monde nous le posséderons
les présidents décrochés comme des cadres
et nôtres les moyens de production
et la famine, nous l'inscrirons aux côtés de l'injustice, dans les manuels d'histoire !

et nos innovations scientifiques seront prudentes
Hiroshima remisée au rang des légendes d'antan

et nos têtes seront hautes
et nos actes réfléchis, pondérés
et l'école émancipatrice enfin
et les classes sociales un vieux souvenir qui fait sourire
et les frontières dissoutes
et le droit à l'autodétermination
et les verbes de la liberté conjugués au présent !
et tous les poètes publiés !
                                                               Et lus !   Et criés !

En nous l'amour mille soleils fleuriront
car nos bras sont forts, nos volontés jeunes, nos idées révoltées

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périple justice (2) Mi sueño : la libertad

23 Décembre 2013 , Rédigé par T.B. Publié dans #Périple Justice, #Récit

 

Mon rêve…

Qu’il me semblait de peu de prix quand j’ai trouvé le studio désert au réveil. Le décor indifférent de notre passé, toujours en place ; rien n’avait bougé. Elle était partie avec l’aube, avant que je ne me lève. Pour m’éviter la blessure inutile des adieux ou parce qu’elle n’aurait plus eu la force de partir. J’aurais tant voulu crier, écrire sur les murs, jeter mon impuissance sur tous les objets à portée de ma souffrance. Il y avait une folie douloureuse qui grimpait dans mon crâne. Comme il est difficile de se raccrocher à ses idées quand le monde que vous avez construit chaque jour de ces années dans l’étroitesse et l’inconfort d’un appartement d’une banlieue sordide se brise, quand chaque fenêtre, chaque fleur du papier peint, chaque carreau du carrelage, chaque livre, chaque objet oublié dans un coin, chaque fourchette dans le tiroir suintent d’accusations multiples. Ce n’était quand même pas si difficile. T’as vraiment déconné mon vieux. Rien ne pourra rattraper ça. Tout ça pour une chimère qui s’envole au vent des siècles et que personne, jamais, n’a pu saisir. Ton vrai combat se déroulait entre ces murs gris et tu ne l’avais même pas vu. Pauvre con.

 

Un rêve mon vieux, un rêve comme ça, on en fait toutes les nuits.

 

Et si les jonquilles reviennent chaque printemps, il n’en est pas de même de l’amour. Alors dans les rues de gris et de saleté, j’ai promené mon opprobre sourd et noyé d’alcool, espérant qu’on me nargue, qu’on m’insulte ou me batte. Que la saleté de mon for intérieur dégoûte les gens malgré leur habitude de ces lieux sordides, que dans les bistrots où j’allais jeter mon désespoir à même le zinc, on refuse de me voir, de me servir, de reconnaître mon existence. C’est que mon existence me dégoûtait. Moi, cafard humain, je voulais sauver le monde et ne pouvais sauver mon couple. Moi, poulpe gluant, suintant la noblesse d’âme de chaque parole, rebelle à ma classe armé de mes bonnes intentions de philosophie politique, redresseur de torts professionnel, n’avais-je pas sacrifié l’amour, c’est-à-dire la justice humaine, le principe des révolutions, peut-être la seule chose qui vaille, à mon dérisoire égoïsme. Et où était-il donc cet égoïsme maintenant, vipère honteuse ! Et je déchus dans la honte, celle-là qui transforme les hommes en tyrans, en loques, en monstres. Celle-là qui déshumanise.

 

Mon rêve boueux et souillé.

 

Et comment n’avais-je pas vu qu’il me restait des choses qu’on pouvait m’enlever ? Avais-je cru que la vie m’épargnerait : pas un seul instant ! mais à ce coup-là, je ne m’étais pas attendu, pour rien au monde. Voici que le sort me livrait, m’offrait en pantin sacrificiel à la vie biologique, à la mort de l’âme. Ô légume ! Que ma volonté était devenue le paillasson sur lequel l’alcool ne s’essuyait même plus les pieds avant de pousser la porte, les portes, toutes les portes ; que ma jeunesse n’était qu’un fantôme qui rôdait loin des couloirs où mon ventre se tordait la nuit dans des spasmes inavouables ; que ma foi était une relique oubliée dans les profondeurs de mon angoisse ; que tout mon monde s’était écroulé à partir de ce point précis que je tenais pour son fondement le plus solide : telle était ma vérité. Que dire de plus ? Ces semaines : un vaste trou noir, et délétère.

Comment je m’en sortis ? Pourquoi et où je trouvai le courage de rassembler le souvenir de mon ancienne humanité ? A l’aide inespérée de qui je dus mon salut ? Ce fut un accident ou la perte de mon travail ou encore le dévouement de mes voisins, ou bien peut-être de mes camarades. Ce dut être la lueur de la foi, l’amour brut que l’on trouve chez les êtres dépenaillés de tout ; ô combien il serait beau que ce fut un moine qui m’ait relevé de ma condition inhumaine et abrutie ! Ce fut la seconde chance ou le retour de la personne aimée, ce fut le pardon et la rédemption, et pourquoi pas la révolte du cœur tombé dans la pire des déchéances ?

 

Mon rêve, retrouvé, lové contre mon amour perdu.

 

Et si je me suis dressé jadis, le poing monté au cœur de la foule, descendu dans la rue ; animé par les visages expressifs de mes idées, sûr de la vérité que je détenais, par la beauté des couleurs dont je voulais repeindre le monde. Tous les dictateurs abattus, le pouvoir comme un souvenir qui fait rire, les hommes fraternels, l’économie aux mains de tous, la prudence comme leitmotiv face à la technique, et méfiance surtout envers les structures étatiques, s’il devait en rester. Chacun abreuvé du savoir de la littérature libertaire, chacun heureux et responsable, la bienséance au placard et la domination masculine aussi. Et si j’ai milité jadis, ne voulant plus porter ma naissance comme un fardeau, renonçant aux conforts verts et bleus de ma vie bourgeoise, affilié aux syndicats de l’espoir, agent de contagion répandant le rêve de la liberté malgré les mesures prophylactiques du pouvoir en place. Ah la belle vie! ces moments exaltants ; la splendeur de ces foules en grève, soulevées en vagues aux digues rompues dans toutes les rues, et l’image des familles affamées pour trouver la force de continuer, de monter aux barricades des slogans à pleins poumons.

 

Mon rêve immortel !

 

La société qui sort de son moule quand son moule craque, se fissure sous la pression de la rue, à l’appel médusant des tribunes où les fils de la liberté chantent leurs promesses. La population qui se meut, fatiguée de se mourir au service des plénipotentiaires qui exercent le droit de la terre comme un droit de vie et de mort, comme des dieux. Mais Dieu, ce n’est pas ça, Dieu c’est l’amour qui bat dans nos poitrines, c’est la volonté du peuple, et rien que ça. Les mœurs qui changent, éclairées par le savoir, les paradigmes qui se transforment et les sentences de la justice qui déchiquètent l’ordre établi, les poitrines qui se soulèvent sous les vents déchaînés, l’histoire en marche, la souveraineté à portée de main, juste là : juste un peu trop loin.

Et à ceux qui disent encore aujourd’hui que toutes les utopies ont échoué sur les plages russes ou caribéennes, à ceux-là, vous : ravalez ces paroles et rachetez-les ! Ceux qui sont morts ou ont vécu pour elles méritent mieux que votre ignorance. Cultivez-vous avant de parler, cultivez-vous et puis la liberté !

 

C’était plus qu’un rêve, mon amour.

 

J’étais encore rentré tard. Je n’avais pas pu m’empêcher d’accompagner mes camarades au bistrot après le boulot. C’était plus fort que moi : j’appréciais leur amitié rude et simple, leur manière d’envisager la vie. Ils montraient une telle joie de vivre, une telle force… Malgré leur misère, ils semblaient indestructibles. A leurs côtés, il me semblait que je me gonflais moi aussi de cette force, que je devenais puissant et libre, et que nous ne pouvions que triompher.

J’étais encore rentré tard malgré les reproches qu’elle m’avait faits hier. Qu’on ne se voyait plus, que j’étais tout le temps parti, qu’on vivait comme des étrangers, chacun de notre côté. Elle m’avait semblé très nerveuse, au bout du rouleau, à bout de nerfs. Elle veillait encore quand j’ai poussé la porte : je l’ai vue assise dans la cuisine, sous la lumière crue, les yeux encadrés par des cernes inquiétants. Son visage était pâle, blafard, maladif, et contracté. J’ai senti que je l’avais blessée en ne revenant pas immédiatement du travail, que j’avais trahi une promesse tacite, j’ai vu dans ses traits que quelque chose avait cassé, son courage peut-être, ou notre amour. Je me suis maudit alors que je fermais la porte et que j’avançais vers elle, j’ai maudit ma lâcheté et mon sale caractère, mon égoïsme aussi. J’ai essayé de lui dire quelque chose de gentil, de lui expliquer que ce n’était pas contre elle, que ça dépassait notre histoire. Que la société broyait les individus. Qu'on construisait un avenir meilleur. Elle n’a rien répondu mais elle m’a pris la main. Après un silence plus long qu’une éternité de reproches, elle m’a dit qu’elle s’en allait, que sa valise était prête. Qu’elle avait essayé, mais c’était plus qu’elle n’en pouvait supporter. Elle me souhaitait le meilleur et de pouvoir réaliser mon rêve.

Mon rêve…

 

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périple justice (1) LAPIDAIRES

22 Décembre 2013 , Rédigé par T.B. Publié dans #Périple Justice

  • Je

Je suis entré en poésie par hasard ou par derrière.
Elle est le moyen que j’ai choisi de réduire le schisme séparant le monde dont je rêve de celui que j’ai sous les yeux.

  • Le monde dont je rêve

La justice est tant une conception humaine qu’il serait vain de vouloir élargir ses sentences à l’amplitude du règne vivant. En revanche, il est indispensable de l’étendre à celle du monde humain.

Et si nous étions citoyens d’un état qui ne s’est pas encore déclaré ?
qui inscrirait ces grands mots : Liberté Egalité Fraternité
dans le cœur des hommes bien plus que sur le fronton de ses bâtiments officiels
qui s’efforcerait de réaliser un idéal bien plus qu’un bé
néfice

Utopie, prends ma main.

  • Le monde sous mes yeux

Je jette mes yeux en contrebas :
je vois éclore
les cabinets d’avocats.

Je vois éclore le béton plus souvent que le ciel, les fleurs qui poussent bien sagement dans leurs bacs et la foule qui circule : ces gens que je ne connaitrai jamais.
Je les vois qui font la fête, qui se saoulent, qui rient, s’amusent et dansent.
Pourquoi donc leur joie de vivre me fait-elle mal sous la peau ?

Pourquoi donc ne puis-je arriver à oublier que des enfants meurent de faim quand mon chat est bien nourri ? On m’a pourtant longuement expliqué les causes, les logiques, et plutôt deux fois qu’une, mais pour une quelconque raison, je ne parviens pas à l’accepter.
Je ne peux pas me pardonner de vivre si confortablement. Suis-je donc coupable ?

Je ressens l’opulence comme un cuisant outrage pour l’occident.
Je ne puis m’empêcher d’accuser la société dans laquelle je vis au nom même des valeurs qu’elle brandit.

A bien considérer la question, on devinera qu’il nous faudrait plutôt une société bien pensée que bien pansée ou pansue.
Penses-tu pas ?

  • Pamphlet

Quand la culture se fabrique à la chaîne

Quand il n’y a plus d’idées mais seulement des faits divers, du spectacle

Quand on pense par slogans

Quand aux infos, les records sportifs côtoient les frasques de la jet set et l’Atroce sous toutes ses coutures

Quand le programme d’un homme politique se résume à la couleur de sa cravate

Quand la stratégie du bouc-émissaire dirige les foules

Quand les multinationales s’achètent des sièges au parlement

Quand l’égalité de certains repose sur l’exploitation des trois-quarts de l’humanité

Quand l’économie joue au grand manitou

Quand le nihilisme se relèvera de son sommeil, quelques-uns de nos meilleurs insomniaques lui adresseront un salut militaire

  • Révolte

Assez de ce nihilisme infibulé dans nos chairs !

Il faut l’abattre, car c’est lui qui permet qu’on échange des lingots contre le cadavre d’un enfant, contre la soumission d’un homme, contre un écosystème, contre le corps d’une femme.
Tout n’est pas indifférent !

Les humains, placés sous le couperet capricieux de la mort, conscients de l’immense fragilité de leur vitalité et de leur inanité, sentent, au fond d’eux-mêmes, que tout n’est pas indifférent. Que tout n’est pas relatif, que la liberté n’est pas infinie. Que la mort ne justifie rien, n’annule pas tout.

  • La mort

La mort n’annule rien, elle ne fait qu’archiver.

Une petite fille

Son papa

- Papi, il est mort ?

- Mais non chérie, il est à l’hôpital.

- C’est qui alors qui est mort Papa ?

- Beaucoup de gens tu sais, beaucoup…

La mort est indissociable de l’homme. Plus grand dénominateur commun, elle engendre la fraternité. Elle rend la vie précieuse, inestimable. Mort : ciment de l’humanité.

  • Races

L’humanité est une et indivisible, sinon en autant d’individus. Tout autre classement est péremptoire, y compris celui selon le sexe ; celui selon la prétendue race est un mensonge.

Fe
} mmes
Ho

Nous sommes des imbéciles qui nous enfermons tout seuls en inventant des différences de papier pour découper le genre humain. Pour tailler le bout de gras, pour nous tirer dans le lard. Pourtant la seule race que l'on peut définir avec certitude, la seule qui repose sur un critère objectif, est celle des cons.

Ceux-là seront génocidés grâce aux armes de l’intellect.

  • Rencontre

Les hommes empruntent des sentiers divergents qui parfois concourent un instant ou plusieurs mois. Il est légitime de douter qu'ils sachent où ils vont, mais il leur est donné une bien curieuse liberté : celle de pouvoir choisir ceux avec qui ils marchent, ou du moins certains d'entre eux. Qui pourrait définir les critères de ces choix ? Qui sait où naissent et comment se développent l'affection, l'intérêt, la fascination, l'amour ? Quelles lois les régissent et même s'il en est ?

Nous nous sommes retrouvés, là, plutôt qu’ailleurs
Voyageurs venus de trains différents, sur le même quai
Ne parlant que la même langue,
Que pouvait-on esp
érer ?

Toute relation humaine est un espoir qui court à sa banqueroute : "amitié" est un mot souvent dit avec trop de légèreté.

  • Sagesse

Être droit. Réfléchir avant d’agir. Agir d’après réflexion. Jamais de génuflexion.
Mettre les gens face à leur connerie quand il y a lieu. Leur envoyer le monde comme un coup de poing dans l’estomac. Dégonfler leurs gonflettes.
Renverser la vapeur. Inverser les rôles, sortir de ses gonds. Aller voir ailleurs si le bonheur n’y est pas. Si la justice n’y est pas. Et après ne les avoir pas trouvés, se forger une loi pour être libre et le rester. L’humilité sinon rien. Battre les friches afin de construire des intelligences. Il faudra forcément tout désapprendre, retrouver un début qui marchera à sa fin.
Désapprendre n’est pas rebrousser chemin.

  • Promesse

autant de promesses que de fleurs sauvages

Le passé n'est que trop connu ; l'avenir est une promesse : l’enfance est devant !
L’enfance est le temps évanoui où la parole était plus forte que la réalité. L’enfant dit : « Je suis un pompier » et le voici effectivement pompier.

Une fois grandi, l’homme rationnalise sa réalité et s’emprisonne dans la dialectique du possible/impossible.
Quelle est donc cette désillusion qui nous fauche dans la fleur de l’âge ?

  • La jeunesse

La jeunesse amoureuse assise les soirs d’été sur les toits du monde
Le cœur ivre, le poumon gonflé d’espoir s’enla
ce
Et puis… s’en lasse

La jeunesse se lasse de tout. Même de sa propre révolte, lentement désherbée par l’habitude. Voir l’injustice rend insomniaque, mais on finira toujours par s’endormir…

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périple justice (0)

14 Décembre 2013 , Rédigé par T.B. Publié dans #Périple Justice

Il arrive dans une vie de ces moments où, pour quelque raison inconnue, on se sent d'humeur à tirer des conclusions ou dans la foule.

Pourquoi, comment ? Quel en est le sens ? Peu importe ; ces choses-là sont, se produisent et face à leur Grand Mystère, l'humilité, qui nous est si peu coutumière, doit s'exprimer, s'exercer, c'est-à-dire qu'il faut se taire, face contre terre.

Il se fait que, précisément, je suis la proie d'une de ces humeurs : celle qui entend tirer des conclusions, et je me sens habité de lucidité et les mains pleines de sentences lapidaires, habilité à formuler quelques vérités, aphorismes, maximes bien senties à l'égard, et sans égards aucuns, du genre humain, de la vie, de la société de mes semblables et peut-être même de la beauté et de la noblesse méconnues et trop longtemps ignorées de mon art.

La/ma vie m'a tapé, me tape, ne se gène pas pour me taper sur la gueule, sur les doigts, et elle n'y va pas de main morte, et pas en ayant mis des gants, ni par quatre chemins ; et j'ai décidé de me battre, de riposter, de rendre les coups, de faire montre de ténacité et feu de tout bois poétique.

Que mes ecchymoses, que mes stigmates servent à d'autres de leçon, de bouclier, d'esquive, d'esquisse, que sais-je ?

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