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I comme

haute,haut,mât,tique

17 Avril 2015 , Rédigé par T.B. Publié dans #Poèmes, #Prends ma voix

 

Le matin · affranchi de ses oiseaux de ses autos · avance désarmé · les heures seront là on le sait avant que midi minuit ne sonne · on connait leur nombre et leur fonction · on connait leur petit subterfuge de quartz et de métal · on connait par avance leur talons-aiguilles et leur pas néanmoins feutré leurs hésitations et leur tourment · La matin arrive ami faire taire la poésie · il faut rappeler au devoir tous ces soumis qui s’oublient dans l’alcool la nuit · tous ces matelots en puissance condamnés aux navettes autoroutières · auto-routine · ferme ta gueule ferme ton esprit à l’Insolite aux puissances  · rapace des grandes cimes coule dans ta vallée anonymement meublée de logements · reçois ton iode et tout ce supplément de molécules qui flottent dans tes poumons · reçois tes ordres et pense à ton loyer à payer à tes vacances aussi qui viendront  · sois-en sûr elles viendront minutées comme cette matinée sans surprise · elles viendront avec leurs trésor d’émerveillement programmé porter le secours indispensable à la pression qui habite ta poitrine qui se lit dans la contracture de tes épaules dans l’affaissement de tes poches oculaires · Un matin tes les apportera  · vouchers · billets d’avions liberté mécanique · ouvre tes yeux déploie tes photos il faudra raconter, prouver · un matin te les mettra dans la bouche maternellement · profite profite bien · avec leur souvenir il te faudra tenir une année de plus · aigle busard muet fragile condor cou-coupé

 

Ô le cœur pour la vie et sans guerres encore

Ô l’écorce à vif et sereines évolutions du corps

 

Ce jour est un ventriloque · tu ne connais aucune langue · il parle directement à tes tripes sans les interprètes fourbes des grammaires · il parle d’air pur et de tintements d’hôpital · tu pouvais rêver mieux · les mouettes en aval des plages sans nudistes sans prudes · les concerts en volière les buffles au galop la cigale qui professe · tu aurais pu rêver mieux que les bip-bip des machines et les pas feutrés dans le couloir embourbé de lino uniforme murs blancs et joies laiteuses · tu ne pouvais rêver mieux que ce linceul blanc contre le corps de ta mère et ces visitations incessantes où tu es objet indifférent de l’extase générale · Ce jour est ventriloque il souffle à ton oreille peu sûre encore des délices de nouveauté · ignores-tu que le vent et la pluie qui s’invitent aux fenêtres te deviendront un jour insupportable · que la fourmi dont tu suivras les évolutions fiévreuses sur le gravier deviendra un beau jour le genre de questions qu’on règle d’un coup de talon · tu ne veux pas le savoir, je comprends

 

Ô le cœur pour la vie et sans guerres encore

Ô l’écorce à vif et sereines évolutions du corps

Ô sans protocole sans profession sans confession

Ô toi à la coquille brisée venu cueillir la première respiration

 

Prends ma voix · elle a le pouvoir de sortilège · celui que tu perdis entre deux années scolaires entre deux anniversaires · ce pouvoir d’aller là-bas · là-bas ! pays de portes ouvertes · outre béton outre habitude outre mots courants · elle seule sait défaire les toiles du contrôle citadin · elle ne te fera pas voyager · ailleurs où est-ce ? n’écoute pas les marchands de vent qui voudront te vendre ce que tu as déjà à portée de main et que personne ne possède jamais · le rêve · prends ta course dans ses starting-blocks ·  troque tes pensées de pain et de quotidien épuisé · non tu n’es plus cet esclave éploré sur la tôle de tes aspirations · écoute écoute le vent se lève sur le sommeil de la cité interdite désormais avec ses yeux d’hivers contrariés · ses pauvres créatures aux aubes caféïnomanes aux cerveaux inutiles : ils ne sont plus que bras ceux-là · ici note une croix car ton innocence commence

Prends ta voix · arrache là au néant · formidablement avec ses bras de mer jusqu’au cou · sois hanséatique ! il n’y a que toi face aux océans et les mouettes de la pollution qui crient somptuaires · prends ta voix comme une aubaine sur l’absence d’essence · diminue la pression et regarde au cœur de la mécanique de ce tourbillon incessant que tu crois ta vie · ta vie ! tu ne la possèdes pas · la vie ronge jusqu’au bout des doigts · j’aspire à respirer · sur quel balcon ? avec quelle femme à mes côtés : celle que j’ai ou celle que je désire ? avec quelle peine à mes côtés que j’aurai acceptée pour ce qu’elle vaut · l’ouest se soulève grandiloquent dans la poussière du matin · bus, métro, tram oubliez vos terminus · et moi je reste

Et moi je reste

 

Avec l’opale en feuillets serrés du combat contre soi livré

Avec l’air pur retrouvé au fil de toute pensée délivrée

 

Moujiks si seulement vos mains pleines d’étoiles et de boue et de faux vouées au trépas · moujiks où restez-vous ? je ne vois que des koulaks · mousmés avec vos rétines de trottoirs et si vos sourires étaient autre chose que du professionnalisme · qu’y pourrions-nous ? on se sert tellement de nos impuissances de ces territoires impensés que chacun traîne dans son sillage · terre à bâbord · cette terre aboie comme les chiens ne hurlent pas la nuit car les loups sont jaloux · et puis quoi encore ? l’amour ? pas de ça chez moi · il n’y a rien à découvrir, oublie · une terre c’est tout et ce qu’on y amène · en tout et pour tout · et quand le soleil entame sa garde à l’autre bout de l’univers il n’y a plus que nous dans le prétendu silence · mémoire ton petit fardeau de rien du tout qui met les colosses à terre · terre justement ou bien penches-tu pour l’exil · il est certains mots que je me refuse à prononcer · l’acceptance : une lotion certainement à s’appliquer dès que possible sous le disque chaud de la chair où les tendons s’usent · la révolte est fragile mais dieu me garde j’en suis délivré · ce soir j’accepterai de me mouiller les mains au ruisseau qui me sera attribué

Que ceux qui ont la force s’avancent · moi je reste · prends ma voix · tu n’auras rien de plus · d’ailleurs je n’ai rien d’autre                                                                                              j’ignore quel sortilège rompu réconciliera nos amertumes usées par l’ouvrage nécessiteux des loyers à échéances fixes · j’ignore quel mot jeté sur le papier de la parole fera l’inaccompli, le tumultueux · un marin a-t-il jamais dompté la mer ? oublie ces mots du taciturne : contradiction, vertu · rien ne se résout tout coexiste · les choses ne sont pas là où on les croit, elles bougent en notre absence · nous sommes absents · soliste aménagé par miracle aux exigences de la communauté, de l’orchestre · aurai-je le courage ce soir de brûler ma partition ?

Pars jouer la marche de l’histoire avec un autre orchestre si tel est ton choix, moi je reste

 

Avec l’opale en feuillets serrés du combat contre soi livré

Avec l’air pur retrouvé au fil de toute pensée délivrée

Avec la pharmacopée au secours de poumons noyés de cris d’émancipation

Avec les orages noyautés de l’anticonformisme pour seule protestation

 

Rien ne brûle dans ce pays sans lutte

Ouvre tes yeux · chamane tout conquis de pyramides célestes · ouvre tes yeux s’ils sont à portée de vue · le silence turquoise gît en eux · éclair profond où se décousent d’anciennes batailles · eux les socs téméraires qui brisent le phonographe · eux les socs téméraires à l’assaut de la charnière de la terre · charnier sans nom chuut · et vas-y que j’te broye que j’te sillonne de ma chanson agraire · ô vieille terre cours le trottoir des richesses paysannes · et quel est ce pouvoir qui fait la sourde oreille ? mange dans nos mains la simplicité et le prétendu bon sens · convenons-en la terre est une table ronde où plus personne ne parle · le silence conspire des serments illusions · et fermente quelque part on ne sait plus où un bouillon que tout le monde désire avaler · ouvre tes yeux Cochinchine · quitte la veille de ta guerre de ton sang indépendamment · ouvre tes yeux s’il t’en reste · assez de ce divers repos qu’on brandit aux heures de grande écoute · percé l’abcès de molécules de couleurs réunies devant soi  - et l’on ne se souvient plus décidément qui est ce soi et où reste son enveloppe · où les très chatoyants murs de l’imaginaire se font hé-gémonies · qu’y a-t-il à voir ? pas moi me suis enf(o)ui · que calcine vivant ô orages montés Ventoux en nous · qu’éclatent que pleuvent · courages aux larynx épatez-nous · que calcine vivant cet oracle du temps prime · derrière nous l’affreuse obséquiosité des urgences monétisables · tout est monnaie · ne fût-il pas ce temps prime où l’art répugnait aux cachets royaux ou mécéniques aux snobismes vitrinaires des galeries à la mode · ceci est autre chose · comme un ovni peut-être ou autre chose encore · il y a certes des Annapurna des tropiques-pocket qui font guili-guili-mandjaro qui culminent à mille et mille et mille encore et plus mètres au-dessus du rire · cette colère venue de gouffres anonymes ou discrets ventriloques de mes révolutions espagnoles et sous-cutanées · morts morts villages rayés · faut-il donc une raison pour se faire exploser la caboche avec des pinc(é)es d’acier ailé ?

 

Je veux rires retrouvés je veux

Pâles aurores sans joug, flammes sans feux

 

Les bras croisés et les barrières de métal blanc les grimaces mal rasées au coin des minutes de trains d’ennui qui défilent moratoires ou mascaradement parmi les décors contemporains d’amours mortes ou bien seulement ensevelies dans leur coma · ton casque à la pointe de ta gueule dont la moustache policée mais jamais polysémique requiert le titre de la meilleure obéissance aux concours de rectitude ovine dont on sait que les podiums n’ont pas l’insigne honnêteté d’être truqués !

Les tanks n’effrayent plus personne dans leur vitrine de jeu vidéo · la dictature est agitée pour faire peur aux enfants rebelles · la croissance est un dogme qui en vaut bien un autre · la nature, existe-t-elle encore ?

 

Je veux rires retrouvés je veux

Pâles aurores sans joug, flammes sans feux

Ta joie crépitante partie en fumée je veux

La retrouver entre nous deux

 

Sur un rameau d’olivier ·déposé aux pieds de nul prophète en son pays · coupé aux sources échevelées quand le fruit pèse de tout son poids de possibles · il ne faut pas craindre que les foudres de tous les Orients s’abattent à nos pieds comme des tapis de magie oubliée, corrompue · la magie est en nous

 

 

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